Internet n’est pas contrôlable: interview de Laurent Chemla

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y a comme ça des figures d’Internet. Des dinosaures à qui l’on doit beaucoup sans toujours le savoir. Des Jean-Michel Billaut, des hackers de légende qui ont dépassé depuis longtemps l’envie d’être les vedettes éphémères de la presse. Dans cette liste, il y a Laurent Chemla. Lors du lancement de Reflets, il nous a paru évident de lui poser des questions, comme cela avait été le cas en 2005. Pour faire le point.Laurent est comme Reflets, il n’est pas pressé et préfère prendre le temps de la réflexion. Ses réponses arrivent un peu plus d’un an plus tard. Et vous savez quoi ? Cela valait la peine d’attendre !

 

– En 2005, je t’avais déjà posé toute une série de questions sur l’évolution d’Internet. Depuis, pas mal de choses ont encore changé. La tentation du contrôle par les Etats est de plus en plus forte. On l’a vu notamment dans les pays arabes qui avaient installé des outils de DPI pour contrôler les internautes. Outils souvent exportés par la France. Ici aussi le DPI fait son trou. Il va où le Net qu’on a connu ? Qui conduit le tracteur ?

 

Si j’ai mis longtemps (bon, plus d’un an, d’accord) avant de répondre à tes questions, c’est surtout la faute à celle-ci :

« Il va où le Net ? ». Sérieusement ?

Prédire l’avenir d’un réseau en évolution constante, c’est d’une difficulté sans nom. Il faut dans le même temps se remettre dans le contexte des années passées, et tenter d’imaginer le futur, alors qu’on tente de rester dans le mouvement et l’immédiateté inhérente au média. On risque à tout instant une élongation du ciboulot.

En 2005, le DPI n’était guère envisageable parce que le matériel ne permettait pas son existence. Un routeur de coeur de réseau traite des térabits de données à chaque seconde : il était impossible de croire qu’il pût dans le même temps les analyser (ce qui n’est pas son job) et les envoyer dans la bonne direction (ce pourquoi il est fait). Même de nos jours, et malgré une fantastique augmentation de puissance, il ne fait (de ce que je comprends d’un système comme Eagle) que les stocker pour analyse ultérieure mais il ne filtre pas (ou en tout cas pas suffisamment intelligemment pour rendre tout à fait effective une censure utile).

Concernant la tentation de contrôle des Etats, il faudrait remonter encore plus loin. La première fois que je l’ai croisée, c’était en 1996 quand j’essayais de convaincre un auditoire incrédule de grands sages de l’inexistence d’un « responsable central » d’Internet. Cette seule idée leur semblait tout simplement inimaginable. Alors quoi d’étonnant si leurs semblables cherchent depuis à imposer l’émergence d’une entité qui leur semble à ce point nécessaire ? La seule question qui vaille c’est la faisabilité de la chose, et je n’y crois pas une seule seconde.

 

(…)

See on reflets.info

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